Le nom du groupe, Diles Que No Me Maten, se traduit par « Dis-leur de ne pas me tuer ». Cela devrait attirer votre oreille avant même d’entendre la moindre note. Lorsque vous appuyez sur play sur Escrito En Agua, le nouvel album du groupe mexicain de Mexico‑Ville, sorti ce mois‑ci, vous pourriez ensuite être encore plus intrigué par la lugubre dirge de jazz de la Nouvelle‑Orléans qui vous accueille. Et lorsque cette chanson, « Las noches que dormimos en sillas », vous mène à « Hiriku », vous pourriez vous demander comment vous vous êtes retrouvé à traverser l’espace et le temps jusqu’à un concert du groupe Can à Cologne en 1971. Tout doute persistant cédera bientôt la place à l’excitation devant cet ensemble totalement unique.
Escrito En Agua est le quatrième LP de Diles Que No Me Maten, donc ceux d’entre nous qui ne suivent pas encore le groupe ont encore beaucoup de choses à rattraper. Mais cet album, à lui seul, offre un vaste territoire sonore à explorer. Il me rappelle le récent disque Winged Wheel par la façon dont il saute d’un sous-genre à l’autre, virevoltant entre l’abstrait et l’immédiat, grattant et remuant avec une matérialité palpable sans jamais sembler tout à fait de ce monde. De l’interlude de bois, « La rata modesta », à la pièce de guitare inquiétante, « Kilómetros dentro de un túnel », ils sont capables d’invoquer une aura sans mots ni même percussion. Et lorsqu’ils s’agrègent et s’étirent sur le final psychédélique de huit minutes, « Tunuwame », ils sonnent tout aussi envoûtants à plein effectif.
Écoutez ce qui a été écrit dans l’eau ci-dessous.
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