Les 5 meilleures chansons de la semaine

25 août 2026

Chaque semaine, l’équipe de Stereogum élit les cinq meilleures nouvelles chansons de la semaine. La période d’éligibilité commence et se termine les jeudis, peu avant minuit. Vous pouvez écouter les choix de cette semaine ci-dessous et sur la playlist Spotify Favorite New Music de Stereogum, qui est mise à jour chaque semaine. (Une version élargie de notre sélection de musique neuve est accessible pour les abonnés sur Spotify et Apple Music, et est mise à jour tout au long de la semaine.)

5

Alex G – « Pain Is The Heart Of Love » (feat. Paul Buchanan)

Vous pourriez vous dire : « Hmm, pas grand-chose ici ». Mais mettez ces écouteurs, et écoutez bien ! Ces tritons qui s’immiscent en arrière-plan créent une colonne vertébrale qui vous hérisse la peau ? Puis la voix de Paul Buchanan émerge comme un fantôme blessé, mais il y a une lueur de chaleur qui rappelle l’espoir au milieu de l’angoisse. La vérité, c’est que tout est lié, que « la douleur est le cœur de l’amour ». Et ce violoncelle grave et rythmique qui tourne en fond ? Il vient enrober l’ensemble, lui donnant une teinte romantique et luxuriante. Ça gonfle comme une plaie qui s’ouvre. Je m’imagine volontiers l’écouter en hiver, lorsque le soleil se couche à 15h30. Je me verserai un grand verre de vin rouge, j’allumerai quelques bougies et j’admirerai la lune qui s’élève dans le ciel. Et bien que vous puissiez entendre « pas grand-chose qui se passe », moi, je me perds totalement dans mon propre rêve gothique. —Margaret

4

Fontaines D.C. – « Marianne »

Quelle sera la prochaine étape pour Fontaines D.C. ? L’album Romance, sorti en 2024, a connu un grand succès, avec l’hymne trip-hop « Starburster » et le joyau jangly « Favourite » parmi leurs morceaux les plus célèbres. Mais plus que tout, Romance visait un son grand et rêveur, et « Marianne » accomplit le même objectif. Les synthés scintillent, et Grian Chatten chante dans des mélodies accrocheuses, surtout lorsque le refrain fait irruption. « You should come and stay here/ You can follow my lead/ I can help you disappear, » chante-t-il à une fréquence contagieuse, et cela semble colossal. —Danielle

3

Squirrel Flower – « Cleveland »

« Il est trop mignon, mais il n’aime pas Cleveland / Pas de maison, pas de chien dans le jardin. » C’est ainsi qu’Ella Williams résume l’attrait romantique d’un futur américain fondé sur une famille nucléaire et la raison pour laquelle elle refuse de se contenter d’un homme qui ne partage pas cette vision. Pendant des générations, cette image mythique du bonheur domestique a hanté et malmené les jeunes Américains, même à une époque où ce bonheur semblait hors d’atteinte. Sur « Cleveland », la douceur à la fois fragile et céleste de la guitare soutient et l’alliée de Williams, son alto qui s’élève, rendent cette vision aussi nette que ce que Norman Rockwell aurait pu faire. Elle rend le rêve américain onirique. —Tom

2

Troye Sivan – « She’s The Best »

Presque tout dans « She’s The Best » — les synthés planants sur le groove breakbeat, le léger scratch de DJ, le vocal déposé en mode rap à demi-mélodique, et la vidéo habilement réalisée avec Nicole Kidman en rôle principal — semble conçu pour une diffusion soutenue sur les ondes VH1 en 1995. C’est une surprenante digression pour Troye Sivan, né en 1995 et dont les plus grands succès prennent souvent la forme d’une pop club érotisée. En rendant hommage avec affection aux femmes de sa vie (« She’s walkin’ down the street with her little cigarette/ Great smile and a cumstain on her… dresssss »), Sivan s’engage résolument dans cet halo de beauté, en collaboration avec les co-écrivains Jack Antonoff, George Daniel et Styalz Fuego pour fabriquer une version trip-hop magnifiquement atténuée d’un chillwave à grand budget. On sait que Sivan aime les femmes, car il nous offre une chanson qui aurait pu faire sensation au Lilith Fair. —Tom

1

Phoebe Bridgers – « Bobby »

Phoebe Bridgers est connue pour ses ballades lentes et tristes, pleines de tournures percutantes. Son travail dans ce format est si puissant qu’il a inspiré toute une génération d’imitateurs. Mais Bridgers possède aussi d’autres cordes à son arc. Lorsqu’elle se lâche, c’est souvent transcendant. Et nous savons désormais à quel point elle peut l’être lorsqu’elle se lâche d’une façon joyeuse.

« Bobby », l’un des nombreux temps forts du très attendu Lost Weekend de la chanteuse-auteure, paraît aussi lumineux que « Kyoto » et aussi apocalyptique que « I Know The End », les deux morceaux les plus forts de son coup de maître 2020, Punisher. Mais contrairement à ces hymnes amers et lourds de destin, le grand sujet de cette chanson est l’amour. Portée par un arrangement aérien et somptueux, prêt à être projeté dans un grand planétarium comme les slow jams de l’album, Bridgers capte l’euphorie de tomber follement amoureux.

Ses paroles fourmillent de petits détails qui ressemblent à des secrets privés (« I saw you slow dancing alone in your room/ I wanted to buy you a new pair of shoes ») et d’allusions à une attirance qui frôle la manie (« And if you didn’t like either one of my friends/ I’d kill them, I’d kill them »). Tout mène à un portrait du bonheur domestique, chaleureux et intime, et une fois encore suffisamment vague pour éviter le trop-plein de confidences : « Now I sleep in your shirts and you live in my house/ You sing in the shower, I talk to myself/ We’ve got stars on the ceiling and clothes on the floor/ And a thing in a box I don’t touch anymore. »

Bridgers livre ces lignes sur des mélodies haletantes et en spirale, portées par des accords pressants, des synthés éthérés et des percussions si lourdes qu’elles pourraient fissurer le tissu de l’espace et du temps. Et peut-être que cet amour est de cette envergure qui bouleverse même la réalité: lorsque « Bobby » atteint son final à couper le souffle, son refrain « This could be the end of wanting » se pare d’une simplicité épurée, une ultime tournure ouverte signée par l’une des meilleures plumes du rock. « This could be the end, » chantent ensemble Bridgers et son amoureux face à l’arrière-plan en montée, l’obsession et l’oubli se mêlant dans le même écran de feux d’artifice. —Chris

Damien Tremblay

Damien Tremblay

Fondateur et directeur de Bande à part, Damien Tremblay est un passionné de radio et de musique depuis plus de 15 ans. Originaire de Montréal, il a lancé cette web radio indépendante en 2024 avec la vision de créer un espace de liberté musicale et culturelle pour la scène québécoise et francophone. Animateur, producteur et curateur musical, Damien s'engage à faire découvrir des artistes émergents et à offrir une programmation qui sort des sentiers battus.