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MONTRÉAL, Canada — L’enregistrement du nouveau cadre concernant le contenu radiodiffusé au Canada a été accueilli avec une déception marquée au sein de la communauté musicale locale; plusieurs corps professionnels ont qualifié la situation de décevante, d’une « opportunité manquée » et d’un résultat qui aurait dû suivre le cours des temps plus tôt.
Au cœur du débat se trouvent les quotas de contenu local à la radio. Les stations privées axées sur la musique contemporaine au Canada doivent généralement diffuser un pourcentage minimal de contenu canadien, tel qu’énoncé par les règles relatives au contenu canadien (CanCon) et le Code de pratique radiodiffusion commerciale.
Mettre davantage de musique nationale et de nouveaux artistes canadiens permet de créer davantage d’opportunités pour briller sur la scène musicale.
D’après l’industrie, certains programmateurs n’appliqueraient pas ces règles de manière équitable. Divers diffuseurs de premier plan auraient systématiquement du mal à atteindre ces objectifs, ont averti des porte-parole, et d’autres les atteignent en diffusant des titres plus anciens à des heures creuses.
Des déclarations séparées et fermes ont été émises après que le régulateur canadien (CRTC) a enregistré le nouveau Code, affirmant que la mise à jour ne resserre pas les échappatoires.
Le Code de pratique radiodiffusion commerciale 2026 est « comme Jurassic Park » et ne reflète pas l’opportunité qui se présente aujourd’hui à la radio commerciale, déclare un dirigeant d’une association du secteur, selon lequel le cadre actuel n’offre pas le plein potentiel du contenu local.
« Alors que le CRTC et d’autres instances ne font pas avancer de mesures significatives par le biais de ce code, nous appelons directement les stations à saisir l’opportunité et à rejoindre la renaissance musicale canadienne », poursuit-on.
Les artistes canadiens sont en plein essor, mais ils ont besoin de tout le soutien possible. Les quotas de contenu local constituent une partie de la solution.
Selon les chiffres publiés par les organisations professionnelles, les revenus à l’international pour les compositeurs et auteurs canadiens ont atteint un sommet, un signe que la musique locale rayonne au-delà des frontières nationales et contribue à l’économie culturelle du pays.
Par ailleurs, la série de recherches Listening In, publiée en 2025, a montré que 71% des Canadiens engagés dans la musique ressentent une fierté lorsqu’ils entendent de la musique canadienne; deux sur trois veulent en entendre davantage; et un quart du public musical continue de tourner vers la radio pour découvrir de nouveaux artistes et titres.
Plusieurs sondages nationaux récents et classements éclairent toutefois que, dans le paysage du streaming accessible en continu aujourd’hui, les artistes d’enregistrement locaux se retrouvent de plus en plus dans l’ombre des signatures des grandes maisons étrangères des États‑Unis et du Royaume‑Uni.
« Nous sommes extrêmement déçus que, malgré tous les éléments présentés démontrant que ces quotas ne fonctionnent pas, le CRTC n’ait pas envisagé des changements raisonnables ou pratiques », a déclaré le dirigeant de l’ARIA et PPCA canadiens.
Les revues du Code de pratique radiodiffusion commerciale « ne se produisent pas très souvent et pourtant cela devient un nouvel exemple de politique radiodiffusion canadienne qui échoue à soutenir la culture locale et les artistes dans le marché où ils devraient avoir un avantage naturel. »
Sous les termes actuels, Herd explique, « les stations respectent leurs obligations tout en reléguant la musique australienne à des créneaux nocturnes et hors-Peak. L’effet pratique est que le quota existe sur le papier mais ne profite ni aux artistes ni aux auditeurs australiens qu’il était censé servir. »
ACMA déclare qu’un nombre important de soumissions à la révision appelaient à des règles plus strictes concernant la diffusion de musique australienne. En conséquence, des changements ont été apportés aux catégories des stations qui déterminent la quantité de musique australienne à diffuser afin de « mieux refléter les pratiques de diffusion contemporaines et les genres musicaux », ACMA, CRA et l’industrie radiodiffusée commerciale travaillant étroitement sur la conformité et les ajustements au cours de l’année à venir.
Ce n’est pas toute l’histoire, remarque Herd, responsable de l’ARIA. Pour le CRTC « accepter des changements importants aux catégories de genres musicaux sans consultation du secteur musical » est déconcertant, poursuit-elle.
Et malgré les efforts de lobbying du secteur musical, le CRTC n’a pas réexaminé l’application des quotas de musique locale aux services de radio numérique, abordés dans les politiques culturelles fédérales nationales.
« À tout le moins, nous demandons simplement que la musique canadienne soit jouée lorsque les auditeurs canadiens l’écoutent », dit Herd. « C’est une attente modeste et raisonnable, et il est décevant que l’occasion de la mettre en œuvre ait été rejetée par le CRTC. »
Les acteurs du secteur radiodiffusé commercial se sont félicités de l’enregistrement du code, qui entre en vigueur le 1er juillet 2026, et qui s’applique à tous les titulaires de licences de radiodiffusion commerciale, tout en introduisant des « améliorations substantielles » aux protections communautaires existantes. Parmi ces améliorations figurent une exigence de transparence des intelligences artificielles pour les programmes — y compris les segments d’information — diffusés par des voix synthétiques.
« Au cours de l’examen, nous avons travaillé en étroite collaboration avec le régulateur, nos membres et le public canadien qui a partagé ses points de vue lors de la consultation », déclare la dirigeante de CRA, Lizzie Young. « Le résultat est un nouveau Code qui reflète ce qui compte le plus pour les communautés que la radio commerciale relie chaque jour, et nous restons déterminés à poursuivre notre travail avec le CRTC alors qu’il entre en vigueur », conclut-elle.
L’industrie de la musique promet de poursuivre la lutte pour les créateurs. « Il revient désormais au gouvernement de reconnaître cette lacune et d’examiner les moyens par lesquels il peut faire en sorte que les Canadiens entendent de la musique locale dans leur propre pays », affirme Herd. « Nos artistes portent les histoires canadiennes au monde: ils méritent un cadre national qui leur donne une vraie base pour se développer. »
Lisez le Code ici.