Alors que les albums précédents de Bruno Mars ont intégré ses influences dans des sonorités plus clairement modernes, ou ont évoqué les tropes lyriques du soul et de la pop d’antan avec une pointe de clin d’œil, The Romantic pourrait être son retour en arrière le plus direct à ce jour — des hommages aimants et à voix haute au Philly soul et au quiet storm, avec une touche de rock latin également. Certains morceaux empruntent des ambiances spécifiques à des classiques des auteurs‑twins bien connus comme The O’Jays, Curtis Mayfield et Santana, tandis que d’autres intègrent simplement les leçons apprises de ces artistes à sa propre contribution à leur canon. Pour l’auditoire canadien, cet album résonne avec une chaleur familière et annonce des concerts prometteurs à travers le pays.
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“Nothing Left”
Une rare chanson sur une rupture dans The Romantic — ou du moins une chanson sur le fait que le feu ne brûle plus comme avant — « Nothing Left » est efficace, mais un peu terne selon les critères de Mars. Les paroles appellent soit à une disposition bien plus dépouillée, soit à une bombastique ballade‑puissance, mais elle se retrouve un peu au milieu sur ce morceau en avant‑dernière piste de l’album.
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“God Was Showing Off”
Quelques bons couplets — « Is ‘Heaven’ your name/ Or is it ‘Divine’?/ Don’t matter, girl, it’s gonna look good next to mine » — sont probablement les meilleurs; et un groove à deux accords, rappelant une version plus rêveuse de « Soulful Strut », n’est jamais une mauvaise idée. Mais « God Was Showing Off » aurait peut‑être besoin d’un peu plus de funk pour vendre ses absurdités lyriques plus simplement loufoques — et il aurait aussi fallu étirer certains éléments dès le départ — plutôt que de s’engager dans un arrangement doux et sans ambiguïté tout en façade.
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“Why You Wanna Fight”
Un peu comme un redux de « Leave the Door Open » musicalement — jusque dans le xylophone qui suit la mélodie des cordes, à l’image de ce single Silk Sonic déployé avec tant d’habileté. Mais le travail de la guitare aide à donner à ce morceau une tonalité un peu plus distinctive, duveteuse et perçante dans l’intro, puis plaintive comme « Rose Royce’s I’m Going Down » sur les couplets.
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“Dance With Me”
The Romantic’s closer ends things on a pleasant note, eschewing the ’70s soul signifiers of most of the album and flashing back much further to Mars’ original Doo-Wops influences with its sweet harmonies, lilting strings and straightforwardly urgent lyrics. It’s nothing revelatory, but it’s a successful vocal showcase, and should leave listeners with the right feeling — both at the end of the album, and perhaps at the end of live dates on his upcoming stadium tour.
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“Risk It All”
L’ouverture de The Romantic débute avec une trompette presque mariachi et des cordes balladiques, Bruno Mars sonnant presque comme Marc Anthony alors qu’il chante par-dessus des percussions légèrement battues et des guitares pincées: « I would run through a fire/ Just to be by your side ». C’est la chanson d’amour la plus tendre de Mars à ce jour — aussi son ouverture la plus dramatique depuis « Young Girls » de Unorthodox Jukebox — et on peut tout à fait l’imaginer devenir un moment fort en live lors des performances en couple sur sa prochaine tournée dans les stades, y compris les arrêts prévus au Canada.
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“On My Soul”
Peut‑on intéresser Bruno Mars à sa propre version de Curtis Mayfield’s « Move on Up » ? Bien sûr: peu, sinon aucune chanson soul‑pop dans l’histoire n’a eu des vibes aussi élevées, et Mars est suffisamment expert en hommage pour réussir les détails — les percussions rapides et les bongos en arrière‑plan, les guitares qui créent la tension et les cuivres justes, sans être trop lourds pour que l’on se sente écouter une reprise à peine déguisée. Et la section de décomposition, où lui et son groupe échangent des exhortations sans paroles, porte la morceau à un niveau supérieur juste au moment où l’on espérait qu’elle n’irai pas plus loin.
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“Something Serious”
Mélangeant des grooves sinueux tirés de deux classiques latino‑rock des années 70 — War’s « Low Rider » et la reprise de Santana de Tito Puente, « Oye Como Va » — Mars découvre une nouvelle facette de ses retours en arrière sur « Something Serious », et une variation particulièrement intelligente et amusante. On l’entend s’amuser à déclamer « You should be my boo thing/ I should be your mans! » au-dessus du cowbell et des cuivres coupés. Sur scène, on peut tout à fait l’imaginer étirer la section de décomposition sur plusieurs minutes et de multiples solos, enflammant la foule au passage.
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“I Just Might”
Alors que le single retour solo de Mars a pu laisser certains sur leur faim en attendant une nouvelle direction pour la superstar pop, après environ un mois, il faut reconnaître que ce que « I Just Might » peut manquer en surprises, il le rattrape largement en satisfaction. Étant la troisième piste de The Romantic, on a vraiment l’impression que l’album prend son envol — et dès l’intro, on se sent comme si l’on avait dansé à ses coups de guitare et ses cocos de hi-hats lors de mariages toute notre vie.
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“Cha Cha Cha”
« Got my lemon pepper steppers on, ooh girl, you’re in trouble tonight, » avertissent Mars et son groupe d’appui Hooligans au-dessus de percussions qui frappent et de cordes agréablement tendues sur « Cha Cha Cha ». Le repère musical ici est clairement le Philly soul lush et inquiétant des The O’Jays dans « Back Stabbers » — jusque dans la pause dramatique et le cri du groupe qui mène au refrain — mais l’ambiance ici n’est évidemment pas aussi paranoïaque que ce classique de la méfiance envers le soul; à la place, on assiste à une montée bien planifiée qui capture l’extase fiévreuse de la piste de danse, avant que le groove ne s’élève en pure extase disco dans la dernière minute. Personne ne peut nouer tout cela ensemble comme Bruno Mars.