Elvis Costello critique Oasis et défend Olivia

17 juin 2026

Elvis Costello dira tout ce qu’il pense, sans filtre. Il s’en fiche. Par le passé, cette tendance lui a valu des ennuis. Il a été interdit, célèbrement, du Saturday Night Live plus tôt dans sa carrière, et il a un jour tenu des propos ivres et racistes à l’encontre de Ray Charles pour lesquels il s’excuse encore des décennies plus tard. (N’y va pas faire de recherches sur Internet à ce sujet. Ça te déprimera.) Aujourd’hui, Costello est une figure bien aimée du milieu du rock ’n’ roll; il vient de chanter une de ses chansons avec Stephen Colbert sur le tout dernier Late Show de Colbert, le mois dernier. Mais Costello continue à dire tout ce qu’il pense, même au sujet des héros nationaux britanniques Oasis.

Dans une interview accordée la semaine dernière au Liverpool Echo, Costello a évoqué Oasis sans y être invité. Il parlait de sa propension à suivre sa muse artistique jusqu’à des lieux que ses fans n’apprécient pas toujours, et il a pris Oasis comme exemple d’un groupe qui ne crée pas nécessairement ses propres idées. Costello tente de rester équilibré, mais cela fait longtemps que je n’ai vu autre chose que de la déification envers Oasis. Voici ce qu’il dit :

Ce qui est probablement hérétique à dire aux Mancuniens, mais je pense que Oasis est une simplification des The La’s. Il y avait une pureté dans les chansons de Lee [Mavers] et dans toute l’attitude qui venait avec cela. [Oasis] est bien plus impitoyable, et sans doute efficace, donc je ne vais pas le dénigrer.

Ce n’est pas pour moi, et ça ne l’a jamais été. Parfois ça arrive. Quelqu’un a une bonne idée, et quelqu’un prend cette idée et la transforme en quelque chose qui parle à plus de gens. S’ils en sont satisfaits, alors c’est génial.

Mais Costello n’est pas opposé à ce que les artistes itèrent sur les idées des autres, et cela inclut les moments où l’artiste sur lequel on itère est lui-même. Après Olivia Rodrigo a sorti son premier album Sour en 2021, des machinations en coulisses ont poussé Rodrigo à accorder rétroactivement des crédits d’écriture à Taylor Swift et Paramore. La chanson de Rodrigo « Brutal » utilise le même riff que celui que Costello avait utilisé sur son morceau classique de 1978, « Pump It Up », il aurait donc bien pu réclamer le même type de crédit. Il ne l’a pas fait. À l’époque, il a tweeté : « C’est ainsi que fonctionne le rock ’n’ roll. Vous prenez les morceaux cassés d’un autre frisson et vous en faites un tout nouveau jouet. C’est ce que j’ai fait, » faisant remarquer que le riff de « Pump It Up » a été inspiré par « Subterranean Homesick Blues » de Bob Dylan, qui lui-même a été inspiré par « Too Much Monkey Business » de Chuck Berry.

Olivia Rodrigo sort un nouvel album aujourd’hui, alors les gens posent encore des questions à Elvis Costello au sujet de cette décision. Dans une récente interview au Times, Costello a réitéré son point et raconté une conversation avec Rodrigo :

Ce serait trop ridicule pour en parler. Bon, j’ai rencontré Olivia, et elle était charmante. Je lui ai dit : « Regarde, ce n’est qu’un riff, et comment pourrais-je être assez arrogant pour poursuivre sur la base de l’originalité quand ma chanson est basée sur ‘Subterranean Homesick Blues’ ? »

Bob Dylan m’a-t-il poursuivi ? Il m’a taquiné à ce sujet mais n’a pas poursuivi. Et Chuck Berry a-t-il poursuivi Bob parce que sa chanson ressemblait à « Too Much Monkey Business » ?

Ce que vous n’avez pas saisi, c’est qu’Elvis Costello est ferme sur ses positions.

Damien Tremblay

Damien Tremblay

Fondateur et directeur de Bande à part, Damien Tremblay est un passionné de radio et de musique depuis plus de 15 ans. Originaire de Montréal, il a lancé cette web radio indépendante en 2024 avec la vision de créer un espace de liberté musicale et culturelle pour la scène québécoise et francophone. Animateur, producteur et curateur musical, Damien s'engage à faire découvrir des artistes émergents et à offrir une programmation qui sort des sentiers battus.