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Philippe B et le Quatuor Molinari aux Francofolies
Le 13 juin 2012 par Benoit Poirier
La fois où Philippe B n’a jamais moins été en solo de sa vie, accompagné du Quatuor Molinari, de deux choristes et de 7 autres musiciens.
D’abord présentée pendant le festival Montréal en lumières, ensuite captée aux Sessions Bande à part et présentée ce mardi soir au Club Soda dans le cadre des Francofolies, l’intégralité des Variations fantômes de Philippe B accompagné du Quatuor Molinari revisite les pièces de l’album (qu’on nous livre ce soir en ordre chronologique, entrecoupé de quelques morceaux de son répertoire passé) en donnant vie aux échantillons de musique classique qu’on retrouve sur chacune de ses pièces, de Strauss à Vivaldi en passant par Schubert.

18h52, les 13 musiciens qui accompagnent Philippe B s'installent pour s'accorder.
19h très juste, Philippe s'est mis beau, arrive dans un chic veston, entame Hypnagogie. Bien mis, parce que ce concert marque une étape dans sa carrière solo, comme il le fait remarquer, lui qui n'a jamais été moins solo que ce soir, après avoir passé l'année passée à voyager seul avec ses deux guitares.
Fidèle à lui-même, B se fait aller le verbe entre les pièces, notamment en intro de Mort et transfiguration (d'un chanteur semi-populaire), texte qui, explique-t-il, explore la dernière heure d'un artiste mourant - pas qu'il estime que la mort de Philippe B soit en mesure de faire les manchettes (« Ma musicographie est pas prête »), seulement que le sujet lui apparaissait comme une source d'inspiration.
Il nous entretient de la valeur biographique des chansons, du possible pouvoir de celles-ci sur leur auteur de changer la façon dont il se rappelle d'un événement, s’il en change les détails à son avantage, comme dans Archipels, première pièce hors-corpus de la soirée : le garçon déniaisé de l'histoire, celui qui a embrassé la fille dans la ruelle, c'était pas lui en vrai. À force de chanter la toune, ça l'est devenu un peu.

Certaines versions des pièces s'avèrent fidèles à la simplicité des originales malgré l'imposant nombre de musiciens sur scène, comme Petite leçon des ténèbres, d'autres sont encore plus apaisantes, comme Nocturne #632, alors qu'on a aussi droit à L'été plus baroque, généreusement regarni en fioritures de cordes. On apprend que c'est avec Les prisonniers du lac Dufault de son deuxième album Taxidermie que Philippe a emprunté à la musique classique pour la première fois (Cantique de Jean Racine et Requiem de Gabriel Fauré), avant de faire de cette technique une partie intégrante des Variations fantômes présentées ce soir.
L’essentiel malus se trouvait dans le choix de la salle, un Club Soda trop clinique où il est impossible d’être bien assis. L’éclairage sur scène nuisait aussi un peu à la majesté du spectacle, avec ses teintes bleues et roses de gala télévisuel.
Quant à la quantité de musiciens sur scène, à savoir si ça dépersonnalise l'œuvre, très intime à la base : quelque peu, oui, mais ça l'élève aussi, rend sa mélancolie diaphane, et, ultimement, dans l’effort de groupe, sublime la banalité personnelle de l’amour et des pertes en quelque chose de grandiose, de lumineux et d’ouvert.

Crédit photo : Frédérique Ménard-Aubin
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le 16 juin 2012 18:42 par Cécile
Très beau spectacle, touchant, émouvant.....