Benoit perd le nord
Benoit perd le nord : Vancouver / Le Piknic à No Fun City
Le 25 juin 2011 par Benoit Poirier
Vancouver post-émeute de la pas-victoire de la Coupe : le bar pour l'évènement de clôture du 22e Festival d'été francophone fermait à 22h. Pis la la soirée se terminait à 23h.

Le Piknic électronik est venu fêter la St-Jean au Stanley Park de Vancouver pour une deuxième année de suite. En 2010, les Canucks étaient pas en finale, donc la fête se poursuivait jusqu'à 1h, c'était plein, c'était l'agrément. Mais après le grabuge de la semaine dernière, Vancouver s'est appliquée à redorer son blason de No Fun City, a fermé les barils à 22h et la place une heure plus tard. Mais! Le plaisir était transporté au W2, l'équivalent de la SAT, pour se rendre presque aux portes du matin.
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La (ma) journée a commencé à la Catalog Gallery, opérée entre autres par l'artiste anciennement connu sous le nom de Sixtoo, Vaughn Robert Squire (son sobriquet de ces temps-ci, c'est Prison Garde). Je rejoignais Poirier pour qu'il me raconte son agenda (la vidéo sera en ligne demain) : 6 concerts en 4 jours. Le 23, il jouait à Laval et Montréal, dormait une heure dans l'avion pour se rendre à Vancouver le 24, reprenait l'avion tout de suite après le concert parce qu'il devait être à Chicago pour midi le lendemain, retournait aux platines dans un bar le soir, et revenait finalement à Montréal pour une soirée avec Boogat le 26. Des semaines de 40 heures : « c'est des petites semaines ».

Face-T, Poirier et Squire, dans l'atelier du dernier
Parce qu'il devait être à Chicago pour midi le lendemain, disais-je, lui incombait la tâche ingrate de jouer à 19h devant quelques personnes qui s'affairaient au hula hoop (d'adon pour les rythmes tropicaux rebondissants). Il aurait joué plus tard c'est ben certain, mais le jet-set n'attend pas.



Moi aussi je me suis essayé au hula hoop. C'est pas comme la bicyclette, ça se perd. Face-T à la caméra.
Face-T, le MC, a chanté une couple de chansons, a remplacé Boogat sur Que viva et a eu le drôle de réflexe de souhaiter une bonne St-Jean en anglais au public francophone (oups). Il y a d'ailleurs eu des effluves de danse traditionnelle, plus québ' que soca, pendant l'appropriée - en cette soirée du p'tit berger blond - ZiggyZa ZiggyZi de L'Xtrmst.Zen, parue sous l'étiquette Also Records (que Poirier opère).

Poirier et Face-T, c'est des gars de chapeaux.
En placotant avec du monde de la place, j'ai appris que :
- Il y a 40,000 francophones à Vancouver;
- 33% des itinérants sont Québécois;
- Et que certains de ces derniers, stratèges, passent l'hiver à Vancouver (5 degrés au lieu de -20) et l'été à Montréal (30 au lieu de 20).
Le trio de fête Pompe tes pipes a subrepticement pris le relais devant la petite foule qui commençait à se former devant la scène à la fin du set de Poirier. On la voyait bien intentionnée, la foule, au coup de bassin occasionnel, juste pas réchauffée. « Ça s'est pourtant rempli de bonne heure l'année passée », qu'a dit le gentil Nicolas Cournoyer, le directeur général du Piknic électronik, mais, supposait-on, à cause de l'augmentation du prix d'entrée et mesures restrictives anti-épanouissement de la ville suite au Grabuge, ça levait moins, là là.

Pis, tout à coup, au milieu d'une toune, pas rapport mais de bonne humeur, le public a décidé que la ville était encore hockey et a entonné un «Ohé, ohé ohé ohééééé ».

Pompe tes pipes, c'est des gars de casquettes.
Plus tôt, en après-midi, on est allés se promener dans Stanley Park pour regarder les gros gros arbres et les ratons-laveurs. On a discuté du fait que les Lost Fingers jouaient le même soir qu'eux. Ils étaient bien d'accord pour dire qu'il y avait des chances que le (leur) public ait à faire un choix déchirant. Mais ça fait partie du showbiz.
Le duo montréalais Prince Club a clos la soirée avec ses déclinaisons de house. Pauvres d'eux, qui commençaient presque en même temps que le bar fermait - mais la foule était rendue capable de se débrouiller toute seule. Même si la température commençait à faire sa prude, la jeunesse restait en cuisses pis en pas de manches, et s'attroupait de plus en plus pour rassembler sa chaleur (comme si tout le monde avait fait les scouts).

Pas encore trop connus à la maison, les deux jeunes hommes de Prince Club se font un nom à l'international, ont signé des remixes pour The Weeknd et Foals, ont été des Nuits sonores à Lyon et feront paraître un simple sous Made to play (que c'est quand même pas de la gnognotte, que je constate).

Prince Club, c'est des gars de cheveux. En plus, le plus grand des deux, Max, a l'avantage de ressembler à la fois à Toby Maguire et à Jake Gyllenhaal.
Le bar était fermé; des anglos curieux s'essayaient à la poutine pour compenser. « I never had that before », « I'm gonna try it», « I can't handle it ». Le bar était fermé, pis comme Pompe tes pipes avait bu toute la bière des loges, restait juste les vodka-red-bull. Mes statistiques me disent que de la plupart à la majorité du temps, c'est une mauvaise idée; même si c'est jour de fête.

Il restait en masse de crudités, aussi

Tout le monde ensemble pour dire bye-bye
Sans retourner aux « ohé, ohé, ohé », la foule a demandé un rappel à Prince Club, mais c'était le temps de déménager l'agrément au W2. La place était pas pire pleine; pour moi le show des Lost Fingers devait être fini.


Pompe tes pipes qui n'arrête jamais de travailler pour que tu t'amuses davantage

Elle s'amusait beaucoup, avait troqué le chandail pour le drapeau du Québec







