23 octobre 2006
Anonymus
Chapter Chaos Begins
24 octobre 2006
C’est quoi?
C’est Chapter chaos begins, le nouvel album d’Anonymus, groupe que l’on a eu bien peur de perdre après le départ du guitariste et chanteur Marco Calliari. Par contre, si Marco était un membre important au sein de la formation, il faut admettre que les trois membres restants, Oscar Souto, Daniel Souto et Carlos Araya, n’ont pas semblé douter une seconde qu’il était pertinent de poursuivre cette aventure musicale commencée en 1989.
Et si on parlait des vraies affaires?
Début tout en douceur, bruits de vent, sons évoquant la guerre et le chaos. Bienvenue à Metalland, population: Anonymus. Batterie, guitares, artillerie lourde, le signal est très clair: préparez-vous à recevoir autant de coups de poing en plein visage qu’il y a de chansons sur cet album.
À ce point chaotique?
Le désordre organisé, plutôt. Un trash métal à mi-chemin entre le staccato et le mélodique technique, rappelant le Metallica des bonnes années. Celles de Kill’em all et de Master of puppets, en moins progressif. Mais si les passages instrumentaux sont un peu moins développés, l’énergie, la lourdeur et les guitares qui mitraillent constamment équilibrent l’ensemble. Daniel Souto prend admirablement bien le flambeau tendu par Calliari et pond quelques phrases, avec sa guitare bien entendu, qui donnent froid dans le dos.
Et le son?
Le disque est réalisé par Jean-François Dagenais (Kataklysm, Misery Index), et si ce dernier réussi à éviter certains clichés inhérents au metal (guitares basses très minces et percussions qui manquent de profondeur) en donnant une belle troisième dimension sonore à l’album, le travail sur les pistes vocales aurait pu être un peu plus méticuleux. À certains moments, j’aurais eu envie d’entendre des voix d’outre-tombe. C'est peut-être parce la voix d'Oscar Souto, dont le timbre a juste ce qu'il faut de rauque et de rock, se place naturellement et s'appuie sur les pistes de guitares?
Est-ce vraiment la guerre?
Oui. Tout au long de l’album, un sentiment d’urgence se fait sentir, comme si la fin du monde était au prochain tournant. Cet état d’esprit général qui se dégage lors de la première écoute ne s’estompe heureusement pas avec le temps. Si certains titres évoquent Voïvod par les thèmes explorés, ou encore Kreator avec ses guitares chaudes, Anonymus démontre encore une fois qu’il maîtrise le genre, et que ce dernier n’est pas près de mourir.
Une écoute avec beaucoup de cheveux de François Lemay