Bande à part - Obsédés musicaux, assumez-vous

13 février 2007 Water On Mars Delta

Électro

5 février 2007

C'est quoi?
C’est le deuxième album de cette formation électro-rock de Québec, fondée en 2003 par le producteur Philippe Navarro (guitare), par Benoît L’Allier (basse) et Sylvain Harvey (batterie). Ce disque arrive après Mannah, premier album paru en 2004 et qui a connu un bon succès critique.

Un mélange musical touffu?
On pourrait effectivement conclure en ce sens. Avant de former Water On Mars, le leader de la formation, Philippe Navarro, a roulé sa bosse en musique un peu partout, passant près de 10 ans comme guitariste sur les scènes des salles de spectacle, des festivals et des bars du Canada, de la Colombie-Britannique à Terre-Neuve. C’est peut-être ce qui explique ce mélange musical de prime abord plutôt touffu. Sur Delta, on parle ici d’un emploi judicieux des échantillonnages, des scratches (avec le platiniste Raphaël Simard), dans un enrobage de micro-électronica, teinté de blues, de rock progressif (merci Pink Floyd) et même… d’opéra!

Aux premières écoutes, on se dit qu’on n'arrivera pas à embarquer dans cet hybride musical surchargé, mais les appréhensions tombent vite quand on constate que les références (nombreuses) aux Robert Johnson, Roger Waters et à l’art lyrique sont parfaitement assumées, qu’elles sont servies dans un écrin musical maîtrisé et que, dans l'ensemble, le propos sert l’émotion que la musique peut susciter chez l’auditeur. Tout est ici juste assez audacieux, assez surprenant pour que le charme opère.

Et ils font tout ça juste à quatre?
Pas tout à fait. Même si Navarro et ses proches collaborateurs L’allier et Harvey tiennent les rênes, c’est toute une équipe d’artistes qui contribue à rendre Delta agréable à l’oreille. La choriste Marie-Ève Legendre, les claviéristes Daniel Gaudreault (Rhodes, piano droit) et Dominique Paré (minimoog), la flûtiste Anna Kowalczyk et la saxophoniste Lyne Goulet sont parties prenantes de cet ensemble qui emprunte beaucoup de directions, mais qui demeure somme toute solide. Parce que Delta, c’est ça: un voyage étrange et psychédélique dans une sorte de rêve musical intense et doux.

En conclusion?
Voilà un excellent second disque qui confirme l’immense talent de compositeur et d’arrangeur de Philippe Navarro, ainsi que la maîtrise musicale de l’équipe dont il a su s’entourer. On aurait pu s’attendre à un peu plus d’émotions, puisqu’au dire de Navarro, c’était le but recherché, mais voilà tout de même un album qui se laisse prendre à petites doses, dans le bonheur.

++Sur notre blogue, écoutez l'entrevue avec Philippe Navarro de Water On Mars++

Une écoute touffue de Tony Tremblay

Appréciations

Bande à part
7,4/10

Internautes
8/10
1 appréciation

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Commentaires

Aucun commentaire pour le moment.

Interprétation de la note

  • 9+ = Futur classique
    (ex: Le volume du vent de Karkwa)
  • 8-9 = Brillant album qui figurera parmi les meilleurs de l'année
  • 7-8 = Très bon disque qui gagnera de nouveaux fans
  • 6-7 = Oeuvre réussie qui sera appréciée par les fans
  • 5-6 = Disque imparfait qui laissera plusieurs sur leur faim
  • 4-5 = Échec : à repenser, refaire, revoir, reconsidérer
  • 0-4 = Crime contre l'écosystème par la création de plastique inutile
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