3 février 2005
M83
Before the Dawn Heals Us
Le 25 janvier
C'est quoi?
Maintenant seul maître à bord du vaisseau M83, le Français Anthony Gonzales nous présente un troisième album bipolaire, entre l’intensité de décharges sonores érigées en cathédrale et la légèreté de volutes mélodiques orbitant quelque part en apesanteur.
Intensité? À l’écoute des pièces les plus «rentre-dedans» de Before The Dawn Heals Us, on a l’impression qu’Anthony n’a conservé que le paroxysme atteint lors d’un morceau qui monte en intensité, laissant de côté ce qui lui a permis d’en arriver là. L’effet est impressionnant et pour le moins hypnotisant.
Légerté? Les moments les plus doux du disque semblent sortir tout droit d’un rêve cosmique où les envolées spatiales sont soulignées par la mélancolie des chœurs, retravaillés électroniquement, des Petits Chanteurs de St-Louis. Voilà pour les morceaux les plus féeriques comme Moonchild ou Safe. Par contre, sur des ballades plus traditionnelles comme Farewell / Goodbye, la magie se transforme en un sirop un peu trop sucré.
Y a un petit peu de nous là-dedans? Les sons d’orchestre, l’arrangement et le violon que l’on entend sur l’imposante dernière pièce de plus de 10 minutes (Lower Your Eyelids To Die With The Sun) sont l’œuvre du Montréalais Antoine Bédard, mieux connu sous le pseudonyme de Montag!
Ça tient la route? La première écoute impressionne; la seconde stimule encore; mais c’est avec les écoutes suivantes qu’on en vient à remarquer la redondance de la formule, la rareté de l’évolution mélodique de l’ensemble, et on se demande si, finalement, cette opération de charme sonore n’est que «poudre aux oreilles». Et si on va encore trouver du plaisir à réécouter ce disque dans six mois…
Une écoute en dent de scie d'Eric Parazelli