4 décembre 2006
Tim Hecker
Harmony In Ultraviolet
17 octobre 2006
C'est quoi?
C’est un quatrième album dramatique et aquatique taillé dans une inquiétante lumière sombre pour ce prolifique musicien et artiste sonore originaire de Vancouver, désormais installé à Montréal. On est d’abord aveuglés, mais on demeure pantois d’admiration devant les sculptures sonores lumineuses qu’Hecker dresse pour nous, ces « cathédrales sonores », comme il se plaît lui-même à les nommer.
Serait-ce du noise mélodique?
Peut-être. Chez Tim Hecker, on pourrait en tout cas parler d’une démarche qui se tient au point névralgique de jonction, de rencontre du bruit, de la dissonance et de la mélodie. Toujours, durant les plages de Harmony in ultraviolet, on se sent suspendu au bord du vide, soutenu seulement par les nappes musicales et sonores au déploiement hautement émotif qui nous séduisent avec leurs inquiétantes mélopées dronesques, surgies des confins d’un monde de rêve où tout n’est pas toujours rose.
De quelles couleurs parle-t-on ici?
C’est de bleu dont il est question, de toutes les nuances du bleu et de son expression la plus dramatique et mélancolique, l'ultraviolet, parce que virtuellement invisible à l’œil nu, à l’oreille non avertie. Bleu comme dans mélancolie et une certaine qualité de tristesse, exprimée ici avec une telle qualité dans les nuances qu’on peut réécouter sans cesse ce disque et faire chaque fois de nouvelles découvertes sonores. Il ne faut pas se laisser berner par l'aspect de prime abord rébarbatif d'Harmony in ultraviolet. Au fil des écoutes, ce disque prend racine chez l’auditeur prêt à tout, l'emmenant à la fois sur des nappes mélodiques de guitare spatiale et de bruits parfois blancs parfois roses. Ça devient vite jouissif, malgré l'omniprésence du côté sombre de la force.
En conclusion?
Tim Hecker nous offre ici un disque incontournable de la scène électronique canadienne. Harmony in ultraviolet constitue en soi une pièce maîtresse de l’œuvre du musicien, et marque certainement une étape dans la maturation d’une œuvre déjà reconnue internationalement.
Une écoute lumineuse de Tony Tremblay