Payz Play, vous connaissez? Oui, mais vous ne le savez pas encore…
Au Québec, quand on s’intéresse au hip-hop, il est inévitable de faire référence au collectif Atach Tatuq. Pendant près de 10 ans, ces 12 membres ont récolté les honneurs de l’industrie en gagnant plusieurs prix, dont le Félix de l'album hip-hop de l'année au gala de L'ADISQ 2006 et au GAMIQ en 2005. Après deux albums et neuf années de performances scéniques légendaires (mises en scène, décors, costumes, danseurs et musiciens), le collectif se sépare. Quatre membres de ce défunt groupe décident de pousser plus loin l’expérimentation entamée, rejetant les compromis et optant pour un son sale propre à eux. Payz Play est ainsi né.
Passant de la complexité d’un collectif à la simplicité d’un quatuor, le groupe se voulait représenté par un nom simple, clair, enfin impératif. Payz Play est aussi une demande qu’il adresse au public: « Appuie sur play et tu verras, tu ne seras pas déçu, mais donne-nous une chance et écoute… » Quelques mois après avoir choisi leur nom, P. Diddy a sorti Press Play, mais la formation a décidé de ne pas s’en soucier. Heureusement, Press Play n’a pas retenu l’attention, et personne ne s’en souvient aujourd’hui!
Le quatuor revendique un rap cru aux multiples niveaux d'interprétation, où l'« egotrip » flirte avec l'autodérision. Sur une trame sonore fortement inspirée par les années 80, RU et Égypto superposent des textes aux univers réels ou surréalistes, mais toujours cyniques. Notez que les DJ Naes et Ephiks revendiquent les couleurs des années situées entre 2280 et 2290, et non celle du 20e siècle, époque archaïque où la supra musique n'existait pas encore.
En 2010, Payz Play annonce la fin du projet, mais laisse en souvenir posthume une chanson et un portrait exclusif à Bande à part!